| |
Protocole 2005 : Permis
de tuer ? Brigitte Balleton (28 août 2005)
Par Arrêté du 17 juin 2005, la Ministre de l’Ecologie,
Nelly OLIN a décidé de porter de 4 à 6 le nombre maximal de loups qui pourront
être «prélevés» (terme politiquement correct pour «abattus») d’ici au 31 mars
2006 afin de protéger les élevages. De
plus, les éleveurs pourront user de «tirs de défense» sous certaines conditions
(permis de chasse, autorisation du Préfet, plus de 3 attaques successives) pour
protéger leurs troupeaux. Ces tirs, au départ autorisés avec des balles en caoutchouc
sont maintenant permis avec de la grenaille. Les
indemnisations des éleveurs vont augmenter de 80% en moyenne et se feront sur
simple déclaration auprès de la Préfecture pour simplifier les démarches.
Tout
encadrée qu’elle soit, cette mesure provoque un tollé parmi les associations de
Protection de la Nature auxquelles s’associent bien sûr CYBELTER, telle France
Nature Environnement qui estime que ces indemnisations devraient être vraiment
conditionnées à la mise en place de vraies mesures de protection des troupeaux,
ce qui globalement n’est pas évident jusqu’à présent malgré que certains éleveurs
se soient, et il faut le reconnaître, sérieusement investis dans la prévention.
Tout ceci n’empêchera jamais les dérives, d’autant
que leurs auteurs n’encourent que de sanctions dérisoires. En juillet dernier,
un loup a été tué en Savoie (département où aucune autorisation de tirs ou d’effarouchement
n’a été donnée par le Préfet) par un éleveur qui a indiqué «qu’il ne savait pas
qu’il s’agissait d’un loup au moment où il a tiré». No comment… La
S.P.A a annoncé le 04 juillet qu’elle portait plainte contre l’éleveur, rappelant
que le loup appartient à une espèce strictement protégée par la loi.
Enfin, cerise sur le gâteau, début août Nelly OLIN
a estimé, après avoir rendu visite aux éleveurs quelques jours plus tôt, qu’il
fallait «trouver d’autres protocoles» pour protéger les éleveurs, l’abattage des
loups ne suffisant plus. On ne peut qu’admirer
avec quelle célérité des mesures beaucoup plus « draconiennes » voient déjà le
jour. Comme à chaque fois, entre profit et nature on sait d’avance qui sortira
vainqueur. La biodiversité dans la nature
est fondamentale pour maintenir un équilibre. Malheureusement, de nos jours, elle
est gravement compromise | |