Une
espèce invasive est une espèce introduite dans un milieu qui n'est pas son milieu
d'origine et dont le développement va nuire aux espèces et à la biodiversité
locales.
Cette invasion biologique est désormais
reconnue comme la deuxième cause, après la destruction des habitats, du déclin
de la biodiversité.
En effet, ces espèces animales ou végétales entrent en
compétition avec les espèces locales et peuvent devenir leurs prédateurs, leur
transmettre des maladies ou détruire leur habitat.
Environ une espèce introduite
sur mille peut devenir invasive et tous les pays sont touchés par ce fléau.
Ceci
est particulièrement vrai pour les écosystèmes
insulaires, isolés pendant des millions d'années et qui se retrouvent brusquement
ouverts aux invasions.
Un cas typique et bien connu est
l'introduction du lapin en Australie :
En 1859, vingt-quatre lapins furent
importés sur l'ile. Quelques années plus tard, par manque de prédateurs, ils pullulaient,
détruisant récoltes et pâturages, minant le sol par le creusement de leurs terriers
; les écosystèmes furent alors profondément déséquilibrés. Pour y remédier, des
renards furent introduits, mais les lois de la prédation étant complexes, ceux-ci
s'attaquèrent en priorité à des proies autochtones beaucoup plus faciles
à attraper : les wombats
(appartenant à la famille des marsupiaux) qui virent leur population diminuer
dangereusement. Au début des années 1950, pour éradiquer le fléau que représentait
ces lapins qui se comptaient alors en millions, on introduisit le virus
de la myxomatose qui décima, dans un premier temps, 90% des lapins. Mais au
fil des années ceux-ci devinrent résistants à la maladie et à l'heure actuelle,
les lapins représentent encore un gros problème pour le pays.
Il existe deux modes d'introduction par l'homme d'une espèce invasive :
l'introduction involontaire: par exemple le déballastage des navires :
vidange de l'eau de mer provenant des eaux d'origine du bateau et qui contient
des particules ou espèces animales et végétales, la mise en liberté de plantes
exotiques lors du nettoyage d'aquarium et de bassins d'agréement, la fuite
accidentelle d'animaux de parcs animaliers (ibis sacrés) ainsi que le tourisme.
Le Chili en est un bon exemple. Les autorités sont particulièrement vigilantes
sur ce point : il est interdit d'entrer dans le pays des produits d'origine animale
ou végétale tels que fruits, viandes, graines, plantes etc….
Dès le Moyen
Age, l'introduction involontaire du rat noir par les bateaux accostant en Europe
avait amené la Peste en Europe.
Mais la principale introduction
est volontaire et majoritairement pour des raisons commerciales : animaux
échappés des élevages (visons d'Amérique, ragondins et rat musqués), ou relâchés
dans la nature après que leurs propriétaires s'en soit lassés (mode des NAC :
nouveaux animaux de compagnie) comme par exemple la tortue de floride importée
de façon massive dans les années 1970 et que l'on retrouve partout en France.
Citons quelques espèces invasives végétales et animales
(liste non exhaustive) rien que pour la France
L'ELODEE
plante aquatique introduite en France en 1870 et surnommée "peste d'eau" envahit
de nombreux étangs et cours d'eau, empêchant toute autre végétation de s'y installer.
LA JUSSIE provenant des bassins d'agrément sévit en Poitou
Charente, Bretagne et Camargue, formant des herbiers denses quasiment impénétrables.
LE SENECON en Bretagne et dans le sud ouest, est toxique
pour les plantes voisines et les éventuels prédateurs, y compris les insectes.
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GRENOUILLE
TAUREAU | ECREVISSE
DE LOUISIANE | SCORPION | RAGONDIN | IBIS
SACRE |
La GRENOUILLE-TAUREAU,
particulièrement présente en Gironde et en Dordogne mettant en péril notre grenouille
verte locale.
l'ECREVISSE DE LOUISIANE, présente partout
en Europe, qui entre autre porteur sain de la peste des écrevisses à laquelle
sont particulièrement sensibles nos écrevisse locales.
Le
SCORPION introduit dans certaines forêts drômoises a profondément bouleversé l'écosystème
et peut se révéler dangereux pour l'homme
Le RAGONDIN, présent
en Poitou Charente, dont les terriers dégradent les berges
L'IBIS
SACRE présent sur toute la façade atlantique qui concurrence les espèces locales
d'oiseaux en occupant leurs sites de nidification.
 |  | La
TORTUE DE FLORIDE menaçant les populations de cistudes d'Europe, espèce protégée |
| En
Ile de France, l'écureuil de Corée aussi appelé TAMIA DE SIBERIE, est une espèce
envahissante qui peut présenter des menaces majeures pour la biodiversité mais
également contribuer à l'émergence potentielle de la maladie
de Lyme (transmise à l'homme par les tiques). |
|
L'éradication des ces espèces pose un gros
problème car elle est très coûteuse et souvent difficile à mettre en place.
En
1992, la Convention de Berne a crée un groupe d'experts spécialisés appelé "Groupe
d'experts sur les espèces exotiques envahissantes".
Le groupe a collecté et
analysé différentes lois nationales traitant des espèces envahissantes et a proposé
des travaux visant à l'harmonisation des régulations nationales sur l'introduction
d'espèces, en particulier dans le domaine des définitions, régulation de l'étendu
des territoires, liste des espèces dont l'introduction est indésirable, identification
des autorités responsables des permis, conditions pour la délivrance de ce type
de permis et le contrôle inclus.
L'instrument majeur du groupe est la Stratégie
européenne sur les espèces exotiques envahissantes.
(source site du Conseil de l'Europe)
Mais la plus dangereuse
espèce invasive sur terre est bien l'HOMO SAPIENS, à cause d'une démographie
incontrôlée et de ses impacts significatifs et néfastes sur l'environnement.
Alors
que les déplacements humains sont toujours plus nombreux, l'impact climatique
des activités humaines toujours plus fort et la tentation de recours aux organismes
génétiquement modifiés toujours plus grande, le risque d'une augmentation des
phénomènes d'espèces invasives avec ses conséquences sur la biodiversité est bien
réel.
L'homme et la nature sont intimement liés. Essayons de faire en sorte,
par nos actions responsables, de limiter les dégâts. Maintenir la biodiversité
est une nécessité fondamentale à l'environnement, et à notre vie sur terre.
Dans
ce but, je vous invite, entre autres, à aller visiter le site NATUREPARIF qui
organise des conférences sur différents sujets liés à la biodiversité et donne
des conseils
avisés concernant les Nouveaux Animaux de Compagnie et soutenir le projet
"le
compte à rebours pour la Biodiversité 2010" qui vise, à travers des engagements
politiques pris dans toute l'Europe à mettre fin à la perte de biodiversité d'ici
2010