Cette maîtrise du développement créée aussi des frustrations : des pêcheurs voudraient eux aussi se reconvertir, mais ils doivent s'incliner devant la majorité. "Pour compenser, nous leurs achetons leur poisson à un prix majoré", explique Raul, un des "turisteros". Il souligne qu'en fin de saison, tous redeviendront pêcheurs jusqu'à l'année suivante, au retour des baleines.
Des organisations écologistes ont aidé les habitants de la lagune à faire interdire en 2000 un projet d'extension d'un immense complexe de marais salants du groupe japonais Mitsubishi."Cette lagune est un modèle unique au monde de développement durable. Il ne s'agissait pas seulement de protéger les baleines, mais tout un écosystème maritime et terrestre", explique Serge Dedina, directeur de l'association environnementale américano-mexicaine Wildcoast-Costasalvaje (côte sauvage).
Les baleines grises, dont on avait craint la disparition à la fin des années 90, sont sauvées, estiment les scientifiques. Leur population augmente même de 3% par an, selon eux. "J'aimerais aller nager avec elles, mais c'est interdit", murmure Pachico sur sa barque, alors qu'une baleine d'une trentaine de tonnes s'approche, avec son baleineau qui folâtre. Elle vient vers lui, la tête à fleur d'eau. Il la caresse, puis dresse ses deux pouces en l'air avant de fermer le poing sur sa poitrine, les yeux fermés. |