Association de défense de l’environnement,
protection de la nature et
lutte contre les gaz à effet de serre

Le Scandale de la montagne maudite de Saïda

par Yves FRANCES AMOROS

 

 

credit photo : http://www.rendala.com/liban/liban-visite-de-saida/

Située à environ 48 km au sud de Beyrouth, Saïda (ou Sidon) était le chef-lieu de la seigneurie de Sagette et a servi de refuge aux survivants du siège de Saint-Jean-d'Acre. Elle est l'une des plus importantes villes historiques du Liban, avec son porte de pêche gardé par un vieux fort croisé.Elle se caractérise depuis toujours par sa position géographique entre la mer méditerranée bleue et les montagnes vertes, par ses sites touristiques, tels que le Château de la Mer, vestige des croisades, le vieux souk ou le temple d'Echmoun.

credit photo : habeeb.com

Malheureusement actuellement ce n'est plus son attrait touristique qui en fait sa renommée mais sa défiguration par une montagne maudite, une montagne d'ordures à ciel ouvert située tout au bord de la mer méditerranée : un dépotoir en quelque sorte ! 

Pour le moment, Saïda est otage de l'ignorance… ! Qui connaît son problème ?
Une mer polluée et une montagne de déchets s'unissent dans un tableau consternant représentant le malheur de cette ville.
Personne n'en parle, et pourtant cette montagne augmente d'année en année depuis trente ans.
Sa hauteur est impressionnante (50m) tandis que sa base occupe 375 m du bord de mer avec plus de 600.000 mètres cubes de déchets.
Cela représente plus de dix tonnes d'ordures qui tombent continuellement dans la mer affectant les poissons, l'environnement et par voie de conséquence le tourisme. "Dans un rayon de 500 mètres, toute la faune maritime a péri en raison des substances toxiques qui se dégagent des ordures", assure pour sa part le maire de Saïda.

credit photo : revue écho jeunesse trilingue

On ne voit que des immondices, des animaux morts à la surface de l'eau, on n'y respire plus qu'une odeur nauséabonde ! De plus, les déchets organiques et les déchets chimiques qui réagissent à la chaleur, dégagent une odeur pestilentielle.
D'où l'influence négative que cette montagne a sur l'économie de cette ville magique : "On ne pêche plus que des sacs d'ordure", se lamente le président du syndicat des pêcheurs de Saïda, ces derniers ont vu grandir cette montagne au fil des ans dont des pans entiers tombent régulièrement dans la mer dispersant au large des bouteilles plastique, des pneus et autres résidus sous l'effet des tempêtes et des pluies.

Cette montagne maudite entraine la pollution, la contamination de l'air, de l'eau et du sol par la production de substances qui altèrent le fonctionnement naturel des écosystèmes ainsi que la qualité de vie et la santé humaine. Cette pollution contient beaucoup de déchets dangereux (produits chimiques, substances toxiques, inflammables, radioactives).

credit photo : http://1.bp.blogspot.com/_13xWk2I-aWE/Sw4vUBaQDjI/AAAAAAAABrM/Y69lyeRtIV8/s1600/DSC08661.JPG


Quelques palestiniens y travaillent, ils sont très pauvres, ramassent de l'aluminium, du plastique tout ce qui peut se vendre afin de nourrir leurs enfants.
Autrefois cette ville était la source d'inspiration d'écrivains, de poètes, aujourd'hui ce n'est plus qu'un lointain souvenir, la population est à la merci de maladies graves et mortelles. Les médecins ont constaté une forte augmentation des cas de cancers ainsi que des problèmes respiratoires récurrents, conséquences de la proximité de ces déchets. Est-ce uniquement aux habitants qui vivent tout autour de ce dépotoir de subir la pollution qui s'en dégage ? De plus, en été, la température élevée et le soleil qui se reflète sur les bris de verres, provoquent de grands feux qui demeurent longtemps actifs.
Alors que peut-on faire pour y remédier ?

 

Un incinérateur avait été envisagé mais ce projet n'a jamais abouti.
Transformer cette montagne de déchets en parc? Encore une fois cette idée est restée dans les tiroirs…
Une des solutions serait, dans un premier temps, de procéder à un tri sélectif pour éliminer les déchets toxiques et recycler ce qui pourrait l'être.
Des milliers de dollars ont été fournis par différents états pour résoudre ce problème, mais hélas, les conflits politiques entre les différents partis ont empêché ces aides financières de mettre en œuvre les moyens pour arrêter cette hécatombe.
Les habitants de Saïda ont droit à un cadre de vie préservé et à un environnement sain. Les générations futures ont aussi le droit d'en hériter. Chacun doit assumer cette responsabilité. Malheureusement, pour la plupart des gens, l'environnement n'est pas d'actualité, et même, il n'est pas un sujet du tout !
Au lieu d'exploiter cette richesse qu'est la mer, qui pourrait être source de vie pour des milliers de familles à Saida, elle est détruite jour après jour par l'homme lui-même, ce qui engendre un problème économique majeur qui vient s'ajouter à la crise. Lorsque l'homme aura tout détruit que restera-t-il donc ?


credit photo : habeeb.com

 

 

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