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EAU
DOUCE EN MEDITERRANEE : CONSTAT
ET SOLUTIONS FACE AUX CRISES | Changement
climatique, déplacement des populations vers les zones côtières, augmentation
du nombre de touristes sur le littoral en été et des consommations par l'agriculture,
surexploitation des aquifères côtiers: |  | l'eau
douce de la région méditerranéenne -3% des ressources mondiales-, est soumise
à de fortes pressions. |
Lors de la conférence
internationale "Faire face aux crises de l'eau douce dans le bassin Méditerranée.
Quel rôle pour l'Union européenne?" qui s'est tenue à l'Unesco le 29 mai, Jean-Marc
Châtaigner, directeur de cabinet du secrétaire d'Etat chargé de la coopération
et de la francophonie, a précisé que "la Méditerranée est la fracture de pauvreté
la plus importante qui existe dans le monde (…) La ressource en eau y est rare
et inégalement répartie". Plus de 50% de la population mondiale pauvre en eau
(1) vit dans cette région, qui est par ailleurs la première destination touristique.
L'agriculture y est le principal consommateur d'eau. "Même sans changement climatique,
le choix du développement de l'hydro-agriculture pour développer les territoires
ne va plus de soi", a toutefois indiqué Sébastien Treyer, d'AgroParisTech, Institut
des sciences et industries du vivant et de l'environnement. Certaines nappes aux
ressources non renouvelables sont également mises en danger. C'est le cas de l'aquifère
nubien, que la Lybie a commencé à exploiter. Des accords ont cependant été signés
avec les trois autres pays concernés par la nappe (Tchad, Soudan, Egypte), pour
assurer une bonne gestion des ressources. . | Enfin,
l'eau peut être une source de tensions entre pays. Le directeur des ressources
hydrauliques et électriques du Liban, Fadi Comair, a cité les exemples du Jourdain,
de l'Euphrate ou encore du Tigre dont les ressources sont un enjeu "transfrontalier
et interétatique". Il a souligné que "l'eau doit être un élément qui réunit les
hommes, quelle que soit leur confession. Elle doit devenir une cause de paix plutôt
que de conflits entre pays du Proche-Orient". Pour Michel Soulié, du pôle de compétitivité
Gestion des risques et vulnérabilités des territoires Agropolis, "l'eau est un
outil de pouvoir, qu'il soit local, national ou international", et chaque Etat
recherche une "hydrostratégie de paix". Même si l'eau n'est pas un objet direct
de conflits au Moyen-Orient, elle est d'après lui "présente de manière sous-jacente".Selon
des tendances annoncées par un représentant du Plan bleu (2), il y aurait 15%
d'habitants supplémentaires dans le bassin méditerranéen d'ici 2025, et le nombre
de touristes côtiers augmenterait de 30 millions. | |  |
 | | Jean-François
Donzier, directeur de l'Office international de l'eau (OIEau), a souligné, lors
de la conférence, la nécessité de mettre en place une gestion intégrée des ressources
en eau (Gire), basée notamment sur une approche par bassin-versant (que des pays
comme le Liban et le Maroc ont instaurée, ainsi que les Etats membres de l'Union
européenne avec la directive-cadre sur l'eau). Par ailleurs, pour Gaëlle Thivet,
du Plan bleu, l'adaptation au changement climatique consiste notamment à augmenter
le potentiel exploitable des ressources renouvelables (recharge artificielle de
nappes…), ainsi qu'à utiliser des méthodes "non conventionnelles", telles que
la réutilisation des eaux usées pour l'irrigation (comme cela se fait à Chypre
et en Tunisie). Reste que certaines solutions posent question, en particulier
le dessalement, très coûteux en énergie. |
par
Agnès GINESTET - Le Journal de l'Environnement
(1)
Moins de 1.000 mètres cubes par an et par habitant (2)
Le Plan bleu est un des centres d'activités régionales du Plan d'action pour la
Méditerranée (PAM) du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue)
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